Module 14 : Arts rupestres en Afrique – Programme détaillé

Nouvelles approches des arts rupestres en Afrique

Frédérique Duquesnoy

Les arts rupestres de l’Afrique sont connus depuis près de deux siècles mais leur apport à la connaissance des sociétés qui en sont les auteures reste insuffisant. Leur profusion, les difficultés du terrain et les problèmes structurels ont été et restent toujours des facteurs pénalisants, néanmoins les outils numériques et informatiques disponibles de nos jours permettent, lorsque leur usage est sous-tendu par des bases théoriques es et méthodologiques rigoureuses, de proposer une nouvelle approche des images rupestres, plus conforme à leur nature de données scientifiques.

Images rupestres et mythologie

Jean-Loïc Le Quellec

L’usage des SIG d’une part, et l’emploi de plusieurs logiciels de phylogénétique appliqués à la comparaison et l’étude statistique d’un grand nombre de données d’une autre, sont ici testés sur une base de données des images des théranthropes du Sahara central. Les théranthropes sont des êtres mythiques en partie humains et en partie animaux. Ces outils permettent d’écrire, à l’aide de cette documentation, une histoire du peuplement d’autant plus fiable que les mêmes résultats sont obtenus par deux méthodes complètement différentes. 

Aréologie des vestiges archéologiques et paléoenvironnementaux

Yves Gauthier

La datation directe des œuvres rupestres est une difficulté majeure en raison de l'absence (ou de la disparition) de matières datables. Nous proposons une approche plus globale qui repose sur la comparaison des aires de distributions des ensembles pariétaux avec ceux d’autres phénomènes archéologiques et/ ou environnementaux eux-mêmes datés.

L’art rupestre : source pour l’histoire de l’Afrique

Geoffroy Heimlich

Ce cours abordera les rapports entre histoire et art rupestre en Afrique. Je tenterai de vous montrer que l’art rupestre peut, au même titre que les sources historiques ou les traditions orales, apporter aux historiens une documentation de premier plan et contribuer à reconstruire le passé de l’Afrique. Pour illustrer mon propos, je vous parlerai d’un art rupestre peu connu, celui du Kongo Central, la région la plus à l’ouest de l’actuelle République démocratique du Congo. Nous aborderons plus particulièrement les liens entre cet art rupestre et l’histoire de l’ancien royaume de Kongo, en nous intéressant au motif de la croix.

Caractérisation physico-chimique et datations des images rupestres

Adelphine Bonneau

Ce cours introduit les méthodes analytiques utilisées pour déterminer la nature (caractérisation) et l’âge (datation) des images rupestres. La première partie aborde les différentes analyses physico-chimiques, également appelées caractérisation, que l’on peut effectuer sur des peintures rupestres afin de connaître les matières premières utilisées pour les réaliser, et les altérations qu’elles ont subies au cours du temps. Dans un deuxième temps, la question de la détermination de l’âge de ces images (gravures et peintures) est évoquée à travers les méthodes les plus fréquemment utilisées de nos jours : le carbone 14, la datation par luminescence, les séries de l’uranium, et la micro-stratigraphie.

Protection, conservation et gestion des sites d’art rupestre à l’échelle du continent africain

Mélanie Duval-Massaloux

Ce cours sur les enjeux de protection, de conservation et de gestion des sites d’art rupestre est structuré en deux temps. Après une lecture critique des notions de protection et de gestion, je présenterai les différentes formes de protection et de gestion des sites d’art rupestre que l’on peut observer sur le continent africain. Cette première partie nous amènera à mesurer l’importance et la difficulté qu’il y a à articuler différents registres de valeurs. Dans un second temps, nous verrons les enjeux méthodologiques liés à cette double entrée protection/ gestion et pour ce faire, je partirai des travaux conduits dans le massif du Maloti-Drakensberg, massif situé à la frontière entre le Lesotho et l’Afrique du Sud.

Les sites d’art rupestre et le patrimoine mondial

Gwenaëlle Bourdin
Présent dans plusieurs zones géographiques qui sont actuellement sous représentées sur la Liste du patrimoine mondial, et notamment en Afrique, les sites d’art rupestre ont le potentiel de pouvoir contribuer à rééquilibrer de la Liste du patrimoine mondial. Il est donc essentiel que des sites d’art rupestre figurent sur la Liste du patrimoine mondial. Au cours des cinq dernières années, un grand nombre de sites d’art rupestre, ou de sites abritant de l’art rupestre, a été proposé pour inscription sur la Liste du patrimoine mondial. Leur évaluation a suscité certains défis, notamment car la capacité à démontrer une valeur universelle exceptionnelle nécessite des recherches et études suffisamment détaillées. Souvent également des ressources considérables sont nécessaires pour assurer l’analyse, la collecte de données et la conservation des sites d’art rupestre.
 
Cette présentation a pour but d’exposer les défis qu’il s’agit de prendre en compte lors de la préparation d’un dossier de proposition d’inscription de sites d’art rupestre sur la Liste du patrimoine mondial. J’aborderai rapidement la Convention du Patrimoine mondial de 1972 et la place des sites d’art rupestre actuellement sur la Liste. Puis, à travers la présentation des conditions à remplir pour valider une inscription sur la liste du patrimoine mondial et des spécificités inhérentes aux sites d’art rupestre, j’aborderai les aspects qu’il faut prendre en compte pour la préparation d’un dossier de proposition d’inscription solide pour des sites d’art rupestre.

Images rupestres du Sahara

Jean-Loïc Le Quellec

Ce cours présente l’historique des recherches sur les images rupestres du Sahara.

Exemples d’application des outils numériques et informatiques à un corpus rupestre saharien

Frédérique Duquesnoy

Appliqués à deux corpus du Sahara central, les outils numériques et informatiques disponibles actuellement ont permis, tant du point de vue de l’établissement des corpus que de leur étude, d’améliorer de manière conséquente nos connaissances sur ces images et leurs auteurs.

Documenter et étudier un site d’art rupestre : l’exemple du massif de Lovo

Geoffroy Heimlich

À la différence des arts rupestres du Sahara ou dAfrique australe, ceux dAfrique centrale restent encore aujourdhui largement méconnus. Dans le Kongo Central, en République démocratique du Congo, des stations rupestres s’égrènent de Kinshasa à la côte atlantique, et du nord de lAngola au sud du Congo-Brazzaville. Avec 117 sites inventoriés (dont 20 grottes ornées), le massif de Lovo contient la plus importante concentration de sites rupestres de toute la région, ce qui représente plus de 5700 images rupestres. À travers le cas d’étude du massif deLovo, ce cours me permettra d’expliquer point par point ma méthode de travail, en insistant sur l’intérêt d’étudier l’art rupestre d’un point de vue à la fois ethnologique, historique, mythologique et archéologique.

Images rupestres d’Afrique australe

Jean-Loïc Le Quellec

Ce cours aborde l’historique des recherches sur les images rupestres d’Afrique australe.

Conclusion

Geoffroy Heimlich